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Minority Report (2002)
Synopsis :
Washington 2054. John Anderton est un agent de la division Pre-Crime, une unité policière d'un nouveau type qui arrête le criminel avant que le crime ne soit commis. Lorsqu'il découvre que sa prochaine arrestation n'est autre que lui, il doit s'enfuir et découvrir la vérité.

GALERIE PHOTO MINORITY REPORT


Anecdotes :
Les pré-cogs tirent leurs prénoms de ceux de trois auteurs de romans noirs célèbres: Dashiel Hammett, Artur Conan Doyle et Agatha Christie.

Jan DeBont (Speed, Twister) devait à l'origine réaliser le film. Sa présence au générique au poste de producteur executif est purement contractuelle.

Meryl Streep était prévue pour tenir le rôle de Iris Hineman, l'inventeuse du système PreCrime.

La nouvelle de Philip K. Dick avait été retravaillée par les producteurs de Total Recall (une autre adaptation de Dick) pour servir de suite à ce film.

Lorsque le film avait failli se faire une première fois, aux alentours de 1999/2000, la rumeur raconte que Matt Damon aurait joué Witwer, Cate Blanchett, Agatha, et Ian McKellen le rôle tenu par Max Von Sydow. Javier Bardem se serait également vu proposer le rôle de Witwer.


Critique :
"Je suis à une période de ma vie où je souhaite expérimenter, relever des défis, aborder avec mes équipes des sujets nouveaux. Minority Report est un mystère, une énigme autour d'un crime futur, un film qui vous embarque dans une aventure humaine: l'histoire d'un personnage marqué par une tragédie et qui tente de retrouver son équilibre". Ces quelques mots résument les intentions de Steven Spielberg concernant son vingtième long-métrage, Minority Report. Un retour au cinéma de divertissement après plusieurs oeuvres sombres mais qui s'inscrit tout de même dans la continuité de A.I.. Il ne s'agit donc pas d'un film aussi profondément personnel et risqué que le précédent. Néanmoins, Spielberg parvient à offrir aux spectateurs un film à la fois grand public et intelligent, qui en a pourtant déconcerté plus d'un.

Polar sous influences diverses, Minority Report peut apparaître comme un film d'action dont la richesse se fait pesante par moments. De ce point de vue, il rappelle 1941, oeuvre loufoque des débuts du réalisateur, avec lequel il partage notamment le caractère cartoonesque. Les quelques pointes d'humour du film semblent imprégnées de l'esprit de Chuck Jones, maître du dessin-animé qui avait justement participé à la conception du film de guerre barré du réalisateur, et paraissent d'ailleurs parfois inadéquates avec le caractère sérieux de l'ensemble. Pourtant, l'on finit par s'y habituer, une fois plongé dans la folle course-poursuite qui constitue la partie centrale du film. La présence de cet humour se justifie probablement par une volonté de laisser souffler le spectateur quelques instants avant de le faire pénétrer à nouveau dans un univers d'insécurité constante (paradoxal lorsque l'on voit à quel point ce futur est policé). Cet avenir, pas si lointain, n'est pas aussi fictionnel qu'il n'y paraît puisqu'il a été "imaginé", pendant 3 ans, par des spécialistes en recherche biomédicale, en architecture, en réalité virtuelle, et en néo-urbanisme. Ces experts se sont consultés afin d'envisager un avenir crédible, situé dans la continuité du monde actuel. Ce désir perfectionniste de crédibilité enrichit ainsi de détails plus ou moins réalistes la science-fiction de Philip K. Dick, auteur de la nouvelle originale.

Cependant, le doute de l'individu sur sa propre identité, sur sa personne, l'une des obsessions de l'écrivain, n'est pas le thème le plus représenté ici. Spielberg a préféré exploiter la notion de paranoïa abordée par K. Dick en l'accentuant de façon à obtenir un environnement à l'opposé de ce que le système Pré-Crime essaie d'instaurer, la sécurité. Ce thème majeur du film fait alors immédiatement penser à un autre auteur contemporain de Spielberg, Brian DePalma. Outre l'aspect Mission: Impossible général de la trame, le réalisateur fait ouvertement référence à cet autre cinéaste à travers des scènes qui ne seront pas sans rappeler Snake Eyes, jusque dans la mise en scène. En réalité, il s'agirait plus exactement d'un hommage au film noir, Spielberg situant le film entre Les Aventuriers de l'Arche Perdue et Le Faucon Maltais. Le résultat en témoigne clairement, par l'intermédiaire de clins d'oeil plus ou moins appuyés à La Maison de Bambou, L.A. Confidential ou encore à Hitchcock (particulièrement Le Crime était presque parfait, L'Inconnu du Nord-Express et Psychose). On trouve aussi des références à Blade Runner de Ridley Scott, film auquel s'apparente le plus Minority Report, ces deux adaptations d'écrits de K. Dick partageant des points communs, à la fois esthétiques et thématiques.

Le protagoniste, John Anderton, est un homme dérangé à l'image d'Alex, protagoniste de Orange Mécanique, mais il représente également l'archétype spielbergien du parent fautif, de la famille dysfonctionnelle. Parmi la multitude de références à Kubrick, on croisera également quelques personnages secondaires étonnants, penchants noirs et tordus des seconds rôles du conte de fée A.I.. Le réalisateur se permet même des clins d'oeil visuels, comme celui de réutiliser les écarteurs de paupières désormais célébrissimes de Orange Mécanique. On voit là un metteur en scène qui s'amuse, cite mille et un films dans ce qui est une version moderne, voir post-moderne, du film noir (genre auquel l'auteur ne s'était pas encore adonné). Le film dure 2h25 et présente naturellement quelques longueurs, notamment dans le quart d'heure qui suit la magistrale introduction du métrage. Les dernières minutes qui suivent le climax sont du même acabit avant un dénouement évoquant La Soif du Mal. Il s'agit là des rares faiblesses du film, qui parvient très habilement à jongler entre l'humour et l'angoisse, l'action et l'enquête, le tout avec une maestria visuelle évidemment éblouissante. S'il n'est pas en touts points parfait, Minority Report est plus qu'une simple alternative aux blockbusters habituels. C'est une oeuvre de science-fiction adulte et froide, traversée de part en part par la souffrance de ses personnages.
Robert Hospyan
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14 Juin 2008 - Anus Kaminski
 Superbe galerie
Titre : Minority Report
Titre original : Minority Report
Origines : Etats-Unis, 2002
Durée : 2h25

Réalisation : Steven Spielberg
Production : Gerald R. Molen, Bonnie Curtis
Scénario : Scott Frank & Jon Cohen d'après la nouvelle de Philip K. Dick
Acteurs : Tom Cruise, Samantha Morton, Max Von Sydow, Colin Farrell, Lois Smith, Neal McDonough
Photographie : Janusz Kaminski
Musique : John Williams
Montage : Michael Kahn

Sortie France : 02 Octobre 2002
Sortie Etats-Unis : 21 Juin 2002

Budget : 102 000 000$
Box-office France : 3 500 000 spectateurs
Box-office Etats-Unis : 132 000 000$
Box-office Monde : 353 600 000$

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